Qui se conjugue au présent

Voilà maintenant deux semaines que mon coração est venu emménager avec moi. Cette histoire me semble tellement improbable que j’ai dû mal parfois à y croire… Nous n’en sommes qu’aux prémices, comme si la relation était nouvelle, et pourtant avec l’impression qu’on se connait depuis toujours.

La routine s’installe progressivement, mais d’une façon positive, laissant à chacun sa place et offrant une balance entre nos activités, nos envies et nos besoins. Il continue à être un garçon gentil, attentionné et aimant.

Après une année à rêver qu’on puisse être un jour réuni, nous voilà enfin à deux, partageant de nombreux rires, de sourires, de moments que j’avais mille fois imaginés, profitant l’un de l’autre.

Il a commencé sa rentrée il y a quelques jours. Ses premiers cours l’ont enchanté, et voilà de quoi me ravir un peu plus.

Bref, je suis aux anges, et je croise les doigts pour que notre histoire continue ainsi. En attendant, la prochaine étape est de l’emmener dans ma famille pour les présentations…. ce qui pourrait arriver fin octobre. Une affaire à suivre !

Sur Toi

Wahou, je me rends compte que je n’ai rien écrit depuis des mois… Certainement parce que, comme le dit Zazie, « On n’écrit pas qu’on manque de rien, Qu’on est heureux, que tout va bien, Voilà pourquoi, Je n’écris pas, Sur toi ». Évidemment ce bonheur m’est apporté par mon chéri brésilien. Si tout d’abord nous ne savions pas où nous allions, j’ai finalement décidé de retourner le voir en février dernier, pendant le Carnaval. Une période de fête pour les Brésiliens, et l’occasion parfaite pour continuer à partager du temps avec celui qui me fait rêver. Alors que je revenais à peine chez moi, le voilà qui m’annonce qu’il a commencé à remplir son dossier pour venir étudier en France ! Cela faisait plusieurs semaines qu’il devait s’en occuper, mais ma venue a fini de le propulser.

Les semaines défilèrent encore jusqu’à mi-Avril où son tour était venu de découvrir mon pays. Il débarqua donc pendant deux semaines. La première fut consacrée à la visite de Montpellier. Je tenais à lui faire aimer la Ville qui me passionne. J’ai sorti la totale : balade en vélo, visite guidée, rencontre avec la plupart de mes amis, expositions d’art, concert de classique à l’opéra, etc. Son passage ici correspondait également à nos un an : le 21 avril. Et oui, nous avons décidé d’établir notre date anniversaire à notre première rencontre, à Tokyo. Pour l’occasion je l’ai emmené au domaine de Verchant. Il faut dire que, au moins de février, lorsque j’étais chez lui, il m’avait emmené dans un restaurant à São Paulo au dernier étage d’un immense immeuble. Très chic et surtout très romantique. Il m’avait alors fait une déclaration d’amour particulièrement touchante, affirmant qu’il s’était toujours dit qu’il amènerait dans ce lieu l’homme de sa vie, et que le fait que je sois là avec lui, cela signifiait vraiment beaucoup.

Sa seconde semaine de vacances fut consacrée à visiter la côte d’Azur, de Marseille à Nice. Je lui avais concocté un programme sympathique, consistant à s’arrêter dans les plus beaux coins sur notre trajet. Nous avons même terminé par une nuit d’hôtel au Radisson Blu sur la Promenade des Anglais. Une belle chambre avec vue sur la mer. On peut dire qu’elle nous aura bien inspiré pour nos galipettes !

Au final, il fut émerveillé par tout ce que je lui ai fait découvrir. Il est tombé amoureux de Montpellier. Une motivation supplémentaire pour qu’il continue ses démarches.

Nous savions que la route allait être difficile, et quelle déception lorsqu’il reçut son premier refus : il s’était inscrit dans un Master à Montpellier. J’essayais alors de faire jouer toutes mes connaissances, mais ça restait lettre morte. Heureusement une amie nous conseilla une autre formation, privée cette fois, qu’elle avait faite. Il s’est alors dirigée vers eux, et après entretien, CV, lettres de motivation, dissertation, et recommandations, ils l’ont finalement accepté !

Nous savons donc depuis deux jours qu’il peut venir à la Rentrée en France. L’émotion nous a envahi, mais il faut rester concentré. Il a parlé à ses parents, leur expliquant qu’il quittait le Brésil. Ils furent incroyablement compréhensifs. Ouf. Maintenant il reste à avoir le Visa, à se faire licencier, et à tout préparer avant qu’il ne change de vie.

Je suis vraiment heureux, même si un peu stressé aussi. Nous n’avons passé que peu de temps ensemble, physiquement, et j’ai forcément un peu de stress concernant sa venue. Mais ce garçon est tellement spécial à mes yeux, qu’il en vaut la peine….

Les Ex

Je me suis rendu compte que j’avais beaucoup d’ex qui ne me donnent plus de nouvelles, ou rarement et seulement quand c’est moi qui fais le premier pas. Ceux avec qui j’ai été que quelques jours, je m’en moque, mais pour ceux avec qui j’ai eu une vraie histoire, cette situation m’attriste. Je me demande si ce comportement ne traduit pas un manque de maturité de leur part ; après tout, comment l’expliquer autrement ?

Il y a celui qui a un penchant de pervers narcissique et ne s’intéresse qu’à sa petite personne, celui qui m’en veut à mort et pour qui je n’existe plus, celui qui se considère comme une princesse et qui ne s’abaissera pas à me parler, celui qui a décidé qu’on était pas amis mais juste des ex donc qu’on n’a pas besoin de continuer à se parler, etc.

Cette façon d’agir me blesse parce que j’aime conserver dans ma vie les gens qui ont compté pour moi. D’ailleurs je continue à maintenir une amitié avec des gens que je ne vois que tous les deux ans, ou moins encore, car on a été proches à un moment et je trouve ça naturel de perdurer notre lien dans le temps…

Mon Anniversaire

Chaque année, on ne peut y réchapper… hier c’était donc mon anniversaire ! Les années passent un peu trop rapidement à mon goût, et j’ai déjà bien entamé la trentaine.

Je n’aime pas le mois de janvier, car la quinzaine qui précède la date fatidique je ne me sens jamais très bien. Une impression de déphasage par rapport à la réalité. L’année dernière le 19 janvier avait été horrible. Cette année, la journée fut beaucoup plus réjouissante. Déjà, parce que j’ai mon brésilien. Il m’a appelé dès minuit pendant une bonne demi-heure, puis les petits messages toute la journée, et enfin il m’a rappelé le soir vers 23h30. Même s’il est loin, je dois dire que ces attentions-là sont vraiment agréables, et puis il est toujours enjoué, affirmant que « le jour de mon anniversaire c’est une journée fantastique ! ». Il me fait rire.

Et puis je me suis fait un cadeau : des billets pour São Paulo, question d’aller voir mon amoureux. Il doit venir en avril, mais j’ai craqué, je ne peux plus attendre pour le voir ! J’ai choisi la semaine du carnaval car il a 3 jours de repos, donc on va pouvoir profiter plus l’un de l’autre.

Pour mes 34 ans je n’ai rien voulu faire de spécial. J’ai proposé à quelques amis de m’accompagner au MacDo puis d’aller au cinéma pour voir « Souvenirs de Marnie ». Une soirée bien agréable avec de bons amis. L’année prochaine, pour mes 35 donc, certainement que je vais devoir organiser une fête un peu plus conséquente. Je verrai à ce moment-là !

Charlie

Les événements de ces derniers jours valent bien la peine que j’écrive quelques lignes sur mon blog, au moins pour me souvenir de ces funestes temps.

Retour en arrière.

Mercredi 7 janvier 2015

Travaillant de chez moi j’ai un rythme assez régulier. Je suis sur l’ordinateur toute la matinée, jusqu’à environ 12h30. Là je m’arrête pour me faire à manger tout en écoutant « La Nouvelle Edition » sur Canal+, et en particulier le JT qui commence à 12h45. Mais ce jour-là j’avais des choses à terminer, j’avais donc mis la Freebox sur pause. Finalement, vers 13h15 je remets le programme en route, et là je découvre qu’un massacre a été perpétré à Charlie Hebdo tandis qu’une chasse à l’homme était lancée.

Je reste estomaqué par l’annonce et regarde, impuissant, mon écran de télévision. Toutes les chaines en parlent. Des collègues du journal satirique viennent témoigner sur les plateaux TV. On apprend alors que Charb et Cabu sont morts. L’émotion des journalistes, en direct, est poignante. A 14h10 j’indiquais sur mon Facebook « Extrêmement ému en regardant les infos… Gorge serré, yeux humides… », et je ressentais vraiment ça.

L’après-midi fut difficile, et je n’avais pas à cœur de travailler. Les attentats arrivent chaque jour, dans des tas de pays dans le monde, mais là on touchait à ma patrie, et j’imagine que la raison de mon émoi se trouve principalement là. Nous vivons une époque certainement très égoïste pour réussir à se sentir aussi perturbé dans une scène qui se passe dans son propre pays, et beaucoup moins par les tueries qui se passent ailleurs…

Le soir-même je n’étais toujours pas très bien, tandis que la police courrait toujours après les deux assassins. Je mettais alors quelques bougies à ma fenêtre pour exprimer ma compassion et rendre hommage aux victimes, mais j’avais besoin de réconfort aussi. J’appelais donc mon brésilien. Sa douceur, sa joie de vivre et ses mots m’ont consolé. Il m’a fait du bien.

Jeudi, vendredi, samedi

La traque a continué, les chaines d’infos étaient comme folles, s’abreuvant de tout et n’importe quoi, et déversant leurs nouvelles aux gens qui étaient scotchés. Prises d’otage, assauts, tirs, rebondissements, et grand final…

L’émotion était toujours palpable à la télévision, sur les réseaux sociaux, dans les conversations. Il n’y a pas un jour où en écoutant les témoignages, en voyant les hommages, en lisant la Presse je n’avais la gorge serré, et j’ai même eu quelques larmes qui ont coulées. Je pense que ce qui m’a le plus touché est l’incroyable mobilisation mondiale, le soutien que tous les pays nous ont apporté. Les milliers de dessins, les discours, les tweets, les chants de Marseillaise à Sydney, les concerts improvisés dans les rues de Londres, les panneaux « Je Suis Charlie » qui florissaient partout à travers le monde que ce soit à Time Square, Rio, ou même en Syrie. Des images incroyables qui m’ont profondément marquées.

Dimanche 11 janvier 2015

Ce fut la journée hommage. Des dizaines de chefs d’états étaient présents à Paris. Des millions de personnes s’étaient réunis dans toutes les villes de France, et partout ailleurs, pour défendre la liberté, et pour dire « Non, nous n’avons pas peur ! ». Un élan qui a stupéfait absolument tout le monde. Un mouvement patriotique que je n’avais jamais vu auparavant, et que beaucoup disent n’avoir jamais vu depuis la libération de la France en 1945. Le chant de la Marseillaise résonnait de toute part, tandis que le drapeau français était réapproprié.

Comme 100 000 autres personnes je suis allé marcher à Montpellier. Une Esplanade de l’Europe noire de monde, avec une foule qui s’étendait jusqu’en haut du quartier Antigone. Des drapeaux, des pancartes, des chants, une communion rare. Je pensais ressentir beaucoup d’émotions durant cette « marche », mais finalement assez peu. Certes je fus très agréablement surpris de voir une telle mobilisation, mais je pense qu’il manquait un petit truc en plus pour rendre ce jour exceptionnel. A mon avis la passion patriotique devait être plus intense à Paris avec une population encore plus nombreuse et des symboles plus forts. Qu’importe, j’étais là, ce jour du 11 janvier 2015, où la France s’est levée.

En contraste avec ce sentiment de fierté face à mon pays si beau, uni et grand, s’offrant l’admiration du monde, j’étais quelque peu chagriné de voir le comportement de certains amis. Une poignée est venue défiler alors que les autres ont préféré rester au chaud chez eux. Souvent la raison donnée était « j’ai peur qu’il arrive quelque chose »…. et bhein putain, si un jour comme ça tu as peur, alors t’es mal barré ! Un peu le genre de personne qui abandonnerait ses droits à cause de la peur. Bien triste. Je ne parle même pas de ceux qui ne sont pas venus par fainéantise… Quand leurs enfants leur diront « Dites papa et papou, vous y étiez vous aussi le 11 janvier 2015 quand toute la France a défilé ? », ils diront « ah bhein non j’avais la flemme, puis bon j’avais peur aussi ». Bel exemple…

Oublions ces tristes personnes. Je souhaite garder une image de fierté face à un pays lié par les mêmes convictions, sortant dans la rue non pas contre des idées, mais en faveur des principes de la République que sont Liberté, Égalité et Fraternité.
Évidemment qu’on peut déplorer que l’islamophobie ait augmenté, que 2000 personnes se soient faites massacrer en Afrique sans créer de réactions alors que le monde entier nous félicitait de notre mouvement partisant, que cet élan ne dura que quelques heures, que l’hypocrisie de certains est à vomir…. bien sûr que tout cela est abjecte. Mais je n’ai pas envie de me souvenir de cela. J’ai envie de me rappeler que pour la première fois les français ont dit bravo aux policiers, qu’ils ont chanté la Marseillaise en cœur, qu’ils ont démontré leur patriotisme, qu’ils sont restés forts face à l’adversité, qu’ils ont été fiers de leur pays (enfin !!), et que le Monde nous soutenait.

Je suis Charlie

Incertain

Avec mon brésilien on continue de s’envoyer 30 messages texte ou audio par jour, et je le kiffe toujours autant. On a poursuivi nos recherches, lui et moi, pour qu’il vienne faire un master ici. Je commençais à y croire de plus en plus car il se renseigne vraiment et je sens qu’il souhaite me rejoindre.

Si les choses étaient si simples, la vie serait tellement facile.

Mais non. Il est actuellement ingénieur des eaux, mais il a passé un concours pour rejoindre la police scientifique. Concours qu’il a eu, et donc il est censé rejoindre l’académie de police « bientôt », sans vraiment avoir de dates puisque les récentes élections présidentielles ont bloqué le processus. Un poste pour le moins intéressant puisqu’il bosserait 24 heures d’affilées, puis il serait de repos pendant une semaine, conservant le même salaire qu’il a actuellement dans le privé, mais avec les avantages des fonctionnaires en plus. Même si cette fonction semble bien, je ne sentais pas qu’elle serait une barrière pour qu’il vienne étudier en France.

Et puis aujourd’hui il vient de m’apprendre qu’une ancienne collègue lui a proposé de postuler pour un poste de ouf dans une société brésilienne, à Rio de Janeiro. Il s’agit d’une affectation tournée sur l’international, avec un job très important pour la boite : une opportunité comme il en existe très rarement dans une carrière. Du coup, s’il est pris, je ferai difficilement le poids devant une telle chance, et je ne peux pas lui en vouloir. Je suis d’ailleurs très heureux pour lui et assez fier, je dois bien l’avouer.

Il se retrouve donc avec trois possibilités pour l’année prochaine. Pour le job miraculeux, rien n’est fait encore. Mais cela représente une option de choix. Chaque chose en son temps. Nous verrons quelles alternatives se confirment, et si un calendrier se compose ces prochaines semaines. Toutefois, je suis hyper impatient. J’ai tellement envie de l’avoir auprès de moi. Voilà qui est profondément frustrant, de se dire que j’ai peut-être trouvé l’homme de ma vie, mais qu’on ne pourra jamais être ensemble.

J’espère que d’ici la fin de l’année nous aurons une vision plus claire quant à 2015, et selon, je verrai ce que je fais de mon côté. Je n’ai pas vraiment envie de le laisser quitter ma vie, mais de là à m’expatrier ? J’ai du mal…

En attendant, je me dis que j’ai surtout du positif : j’ai un mec qui m’aime et qui pense à moi toute la journée, tandis que je suis libre de rencontrer d’autres garçons, pour toutes sortes de relations. Jusqu’à maintenant je n’en ai pas vraiment profité, dans le prolongement de ces derniers mois, mais qui sait ?

Prémices

Douze jours plus tard ma romance se poursuit avec le petit brésilien. On s’écrit toute la journée sur Whatsapp, mais on ne s’est appelé qu’une fois via Skype. J’aurais espéré des appels plus réguliers. Avec 5 heures de décalage horaire, la chose n’est pas toujours faisable.

Depuis mon retour j’ai eu l’occasion de voir de nombreux amis pour leur raconter mes vacances et ce début de relation improbable. Les réactions varient, entre ceux qui me disent de foncer, ceux qui trouvent ça tellement beau, ceux qui sont sceptiques, ceux qui me mettent en garde contre un garçon qui me manipulerait, que mon histoire se base sur une belle illusion liée aux vacances, etc. J’avoue que certaines remarques m’ont faites un peu redescendre sur Terre, et ça sert aussi à ça les amis. De son côté, Rico s’est déjà renseigné pour venir en France. J’en fus étonné et agréablement surpris, mais en même temps j’ai un peu peur. En fait j’ai peur que s’il vient ici, et que notre relation ne fonctionne pas, alors qu’il regrette d’avoir tout abandonné pour moi… Je lui ai donc demandé de venir en France avec un plan de développement personnel, de quoi se dire « ce séjour là bas m’a été bénéfique, même si ça n’a pas marché en amour ». Avoir un nouveau diplôme, ou un objectif de carrière, ou autre.
Il faut continuer à y réfléchir, et confirmer si on se lance dans cette aventure complètement folle.

Quand je suis avec un mec, au moment même où on s’embrasse, je me pose toujours la question « est-ce que je me vois avec lui ? », et les jours ou les semaines suivantes je continue toujours à m’interroger si mon avenir pourrait être lié à ce gars là. C’était le cas avec F, où les questions étaient nombreuses. Mais là, dans le cas de mon prince brésilien, ces questions n’existent pas, et avec lui, tout semble si évident. Tellement étrange de ressentir cela…

La semaine dernière, je lui écrivais une lettre, sous l’émotion, dans l’avion ; qu’il a enfin reçu. Il m’a dit qu’il n’avait jamais pensé recevoir une chose si belle, et qu’il a été beaucoup touché. Je lui ai demandé s’il ressentait la même chose pour moi, que les mots que je lui ai laissé. Il m’a répondit « bien sûr », et que de penser à moi lui coupe la respiration. Je ne sais si tout cela est vrai, mais j’ai envie d’y croire.

Malgré cette pseudo relation longue distance, on s’est dit qu’on se laissait de la liberté, pour ne pas s’empêcher de rencontrer quelqu’un d’autre, qui lui habiterait sûrement plus proche. Du coup je continue à traîner sur Grindr, Hornet et les autres…. Mais quelle horreur, quelle tristesse. Chaque conversation, chaque profil, me confortent un peu plus dans mon envie d’être avec Rico. Donc c’est pas gagné de faire une belle rencontre, mais j’essaie de ne pas me fermer quand même…. en tout cas, tant que rien n’est sûr concernant sa venue en France…

J’ai l’impression d’être un adolescent amoureux d’une star de la télévision, d’un personnage réel et illusoire à la fois, proche mais inatteignable, et qui s’empêtre dans des fantasmes impossibles. Je ne sais vraiment pas dans quoi je me suis lancé, ni vers où je vais…

Improbable

Il fut une rencontre improbable dans la capitale nippone. D’une conversation Hornet, à un verre dans un bar, nous avions fini par rêver de folies, allongés, nus, sur mon lit. Je m’étais promis de le revoir pour la belle personne qu’il m’avait laissé entrevoir.

Six mois plus tard je le retrouvais à Rio. Les circonstances auront fait que ce fut délicat de renouer une intimité, mais l’attraction réciproque est telle qu’on ne put vraiment y résister.

D’un énorme coup de cœur il est devenu plus. Franchement, je ne pensais pas qu’il allait autant me toucher, me marquer. De passer huit jours avec lui, de découvrir plus entièrement son caractère, de connaître son environnement, son appartement, ses amis, sa vie, j’en suis devenu complètement gaga. Et j’ai fini par lui dire que je l’aimais car c’est ce putain de sentiment qui gronde en moi à chaque fois que je le regarde. Il me l’a dit aussi, droit dans les yeux, et me l’a répété les jours suivants.

On a passé la dernière nuit ensemble. On a débuté par une partie de jambes en l’air comme j’en ai rarement vécu. Un 5 sur 5 comme on s’est amusé à dire. Puis, l’un contre l’autre, on a discuté, on a continué à faire des projets complètement cinglés, comme on avait commencé à le faire les jours précédents.

Il est tellement le genre de mec que je veux. Je le kiffe pour une infinité de choses. Je peux passer dix minutes à l’observer pendant qu’il papote avec quelqu’un, ou même quand il ne fait rien, et je souris bêtement. Je me surprends à me mettre une marche en dessous de lui dans les escalators pour pouvoir respirer son odeur. Le goût de sa peau me brûle de désir. Tandis que je me perds dans ses yeux et son sourire à chaque fois qu’il tourne son visage vers moi.

Il me dit de belles paroles aussi. Il me prouve, autant que possible, ses sentiments. On se fait des plans sur la comète, mais pour autant on ne se promet rien. On devrait se revoir en juillet, lorsqu’il viendra en France pour un mois, mais ça me semble être une éternité. Putain, dans quoi je m’embarque ? Dans rien en fait, car on se dit qu’on ne s’attendra pas, qu’on ne veut pas louper des opportunités ; mais pour moi, c’est « lui », et il me dit pareil. Mais un putain d’océan nous sépare…

Je garde quand même, au fond de moi, l’espoir taré qu’on arrive à se rejoindre. Il est passionné par la France, sa culture, sa langue. Autant dire que ça m’arrange bien : quitter la France, et Montpellier en particulier, serait un déchirement. Je ne suis vraiment pas fan des mégalopoles comme São Paulo. Mais on n’en est pas là.

C’est donc dans l’avion que je pleurs, profitant de l’extinction des lumières, et m’accrochant aux symboles de notre lien qu’il m’a offert, et que je lui écris une lettre d’amour, manuscrite…

Attraction

De revoir mon brésilien cela m’a remémoré l’étrange attirance et passion que j’avais eu pour lui quelques mois auparavant. Et l’attraction est mutuelle. Après le passage sexe inopiné on a essayé de rester sage, mais on est comme aimanté l’un vers l’autre. On a commencé par se faire de petits bisous discrets, à se caresser la main ou la tête quand personne ne regardait. On ne se lâchait pas du regard. Ce garçon n’a pas seulement un physique de rêve mais il est aussi d’une gentillesse incroyable, il est très intelligent, et d’une douceur qui me laisse penseur. Et il est totalement fan de moi, me disant qu’il a toujours voulu un mec comme moi, que je suis beau, et plein d’autres mots doux…

Forcément au bout de quelques jours on a craqué et on s’est affiché plus clairement. Fred a un peu tiré la gueule, mais je pense que cela est dû au fait que j’ai passé deux heures à papoter avec mon brésilien sur la plage, en amoureux et qu’on l’a un peu délaissé pendant ce temps là.

Déjà que ce voyage est génial, mais avec quelques papouilles en plus il est divin. Tout ça avec l’épée de Damoclès qui est son petit ami… Mais on reste réaliste lui et moi et on sait que de vivre aussi loin rend les choses trop compliquées. J’ai bien réfléchi au fait de venir vivre à Sao Paulo quelques mois grâce à la flexibilité de mon travail, mais ensuite on fait quoi ? Pas simple. On s’est quand même dit « je t’aime ». Je ne sais pas si je deviens trop fleur bleue pour le dire aussi facilement dernièrement ou si j’ai de vrais sentiments forts et constants dans le temps.

Nous sommes arrivés à Sao Paulo. Il va donc revoir son copain et je vais devoir faire comme si rien ne s’était passé. Je m’y suis préparé psychologiquement donc ça devrait aller. Tudo bem…

Imprévus

Hier Lucas m’envoie un message pour me dire qu’il est désolé mais qu’il ne pourra pas me voir durant les 4 jours que je passe à Sao Paulo ! Il prétexte des soucis qu’il doit régler et un emploi du temps trop chargé avec son petit copain pour qu’on y arrive… Pas cool du tout étant donné qu’il était ma première motivation pour venir au Brésil et qu’il me plante au dernier moment alors que j’avais aménagé mon voyage pour lui… Heureusement j’ai Eurico qui m’a dit qu’il sera là pour moi, lui.

L’autre imprévu, plutôt bon celui-ci, et ce qui s’est passé hier soir. Le mec de Rico est parti dimanche soir. Donc, hier, Fred est allé se coucher et je me suis retrouvé seul avec mon petit brésilien. Allongés sur le canapé à se faire des câlins et à papoter. Jusqu’au moment où on s’embrasse… Là je sens que la température augmente. Je le tempère. Mais il continue. À ce moment précis j’hésite : dois-je lui dire d’arrêter car il est en couple, ou je profite de la situation. Je me suis dit que j’avais bien le droit à ce plaisir là, et je me suis donc tu…
Du coup j’ai pu réaliser le fantasme que j’avais imaginé dans cet appartement qui a une vue incroyable sur Rio 😉

Après ce coup de chaud, j’ai un peu regretté, car je sentais bien qu’il culpabilisait… Je lui ai dit de prendre ça comme si ça avait été un rêve… L’ambiance se prêtait à un imaginaire onirique…